Wallace et Gromit, Cœurs à modeler (sans modération)

En 1989, le Royaume-Uni se trouvait des ambassadeurs de choix à travers deux petits personnages de pâte à modeler. Vingt-huit ans plus tard, la popularité de Wallace et Gromit n’est plus à démontrer. Le nouveau programme Cœurs à modeler nous permet cependant de savourer deux de leurs grandes aventures, histoire de redécouvrir une heure durant l’inventivité des studios Aardman. 

Quand on a grandi dans les années 1990, on a l’impression d’avoir toujours connu Wallace et Gromit. Qu’ils ont toujours été là, à nous faire rire à gorge déployée à chaque faux pas et chaque invention farfelue. Et pourtant. En 28 ans d’existence, les deux personnages n’ont été les héros « que » de quatre courts métrages (entre 1989 et 2008), une courte série télé en six épisodes (en 2010) et un long métrage de cinéma, Le Mystère du Lapin-Garou (en 2005). Le programme proposé cet automne par les studios Folimage, fins connaisseurs de l’animation, permettra à ceux qui ont pu découvrir, enfants, les désopilantes aventures de l’incorrigible tandem, de les présenter à la nouvelle génération. Car tout plaisir est encore meilleur une fois partagé.

Forcément, lorsqu’on est gamin, ce qui fonctionne en premier chez Wallace et Gromit, c’est leur énergie burlesque, leurs folles inventions, leurs chutes, leurs boulettes. Sur tous ces points-là, Cœurs à modeler ne décevra aucun de ses spectateurs. Wallace vit comme toujours au milieu de gadgets et de machines improbables de son invention, et Gromit n’a de cesse de devoir réparer les bêtises de son maître, tout comme le fidèle Finot récupérait les maladresses de l’Inspecteur Gadget en son temps. Ce dont on ne pouvait pas se rendre compte à l’époque, et qui saute pourtant désormais aux yeux, c’est l’adresse avec laquelle Nick Park et les studios Aardman jouaient avec les codes du film de genre pour livrer à leurs spectateurs des aventures imprévisibles et hors des sentiers battus.

Wallace et Gromit by ClapMag Un sacré pétrin © Folimage

Dans Rasé de près (1995), Wallace tombe amoureux d’une vendeuse de pelotes de laine, tandis que le pays est secoué par une vague de disparitions de moutons. Accusé à tord, Gromit doit prouver son innocence. Accompagnés d’un nouveau venu, l’adorable et affamé Shaun le mouton (dont c’est la première et remarquable apparition), les deux héros vont tenter d’élucider cet incroyable mystère. Puis, dans Un Sacré Pétrin (2008), Wallace tombe de nouveau sous le charme de l’ancienne égérie d’une marque de boulangerie alors que de nombreux pâtissiers sont retrouvés assassinés… En deux aventures de trente minutes, Nick Park infiltre son humour burlesque dans des intrigues de films de gangsters ou de thrillers. Ombres de meurtriers, ruelles sombres, procès sans concession, ennemis sans foi ni loi, évasions salutaires : toutes les scènes clés de ces deux genres sont réutilisées à bon escient et offrent à Wallace et Gromit un univers à nulle autre pareil, bien éloigné des productions pour enfants habituelles.

Nous ne saurions donc trop vous conseiller d’accompagner les petites têtes blondes de votre entourage à la découverte des créations des studios Aardman. Le fourmillement de détails de l’animation en stop-motion et l’originalité de ton et de forme de ces deux courts métrages n’auront aucun de mal à conquérir leurs coeurs (à modeler) et les vôtres.

Wallace & Gromit, Cœurs à modeler, de Nick Park. Animation cultissime en stop-motion. Durée : 1h. Nationalité : Britannique. Distribution : Folimage. Sortie le 8 novembre 2017.

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