SEVEN TYPES OF AMBIGUITY : une enquête policière pour parler d’amour

Projetés en avant-première mondiale au Festival Séries Mania, les deux premiers épisodes (sur six) de cette série australienne nous offrent un casting de premier choix. Alex Dimitriades, dans le rôle du père, (l’inoubliable Nick Poulos d’Hartley, coeurs à vifs, venu présenté la série The Principal à Séries Mania en 2015) côtoie Hugo Weaving, un psychiatre compatissant mais désespéré (l’impassible agent Smith de la trilogie Matrix et l’elfe millénaire Elrond de la saga Le Seigneur des anneaux). Une interprétation impeccable pour un récit qui perturbe et dont on ne saisit pas toujours très bien encore toutes les intentions et connexions.

Lorsque Sam, 6 ans, disparaît à la sortie de l’école, ses parents, Joe et Anna, sont dans tous leurs états. Le garçon est retrouvé indemne et la police arrête Simon, l’ancien petit-ami de la mère. L’enquête conduit bien vite les inspecteurs sur la piste d’Angélique, la complice de Simon, qui a un lien avec le père de l’enfant. Tous ces éléments sont délivrés dans la première demi-heure de la saison. Au travers de six épisodes, centrés tour à tour sur un personnage plus ou moins proche du kidnappeur, Seven Types of Ambiguity explore la complexité de relations enchevêtrées et de dilemmes moraux.

Après The Slap, Tony Ayres produit une nouvelle série sur un mode similaire : un épisode, un point de vue. Mais là où ce mécanisme de narration collait parfaitement au propos de The Slap, puisqu’il servait l’histoire d’amis tous ébranlés émotionnellement et tiraillés par la gifle infligée à un enfant lors d’un anniversaire, son recours pour Seven Types of Ambiguity n’est pas aussi clair. S’agit-il d’un effet de mode ou d’un choix judicieux ? Seul le visionnage de l’intégralité de la série pourrait répondre à cette question.

Hugo Weaving (Dr Alex Klima) et Susie Porta (Gina Serkin)

D’après la comédienne Susie Porter (Gina, l’avocate de Simon), présente lors de la première projection ce vendredi 14 avril 2017, même si la série est basée sur le roman du même titre (écrit par Elliot Perlman et publié en 2003), il s’agit davantage d’une interprétation que d’une réelle adaptation. En effet, alors que le roman laisse une place décisive à Simon, le kidnappeur d’enfant en mal d’amour, Susie a précisé qu’il n’y aurait pas d’épisode du point de vue de ce personnage central. Un choix qui apparaît d’autant plus brutal et étrange que son rapt se présente comme fondateur du récit. On attend avec impatience (si la série est diffusée un jour en France) de voir comment ce personnage va être articulé dans chaque épisode de façon à pouvoir mieux comprendre son parcours et ses actes. On peut aussi se questionner sur le réel but de cette enquête. Après seulement deux épisodes, le bref enlèvement a des airs de prétexte pour aborder d’autres thématiques et connecter entre eux des personnages qui ne se seraient sans doute jamais rencontrés ou regardés autrement.

Car Seven Types of Ambiguity s’attarde sur les trahisons, mensonges et déceptions rencontrés dans toute histoire d’amour. Les deux premiers épisodes sont centrés sur l’intériorité des personnages, leur humanité et le chamboulement affectif que la situation de départ ou leur lien avec le kidnappeur provoque en eux. Le vide amoureux qui pousse Simon a enlevé Sam résonne chez chacun d’entre eux avec un moment de leur vie où tout ce qui concerne l’amour est loin d’être satisfaisant. Pourtant, à ce stade, même si l’on sent l’empreinte lointaine d’une série telle que The Affair, les parcours des deux premiers protagonistes ne se répondent pas avec autant d’évidence et de fluidité que ceux de Noah et Alison. Le récit prend clairement son temps, la caméra suit tranquillement les questionnements des personnages, au risque parfois de perdre le fil de cette histoire chorale. Affaire à suivre…

Série créee par Tony Ayres,  Amanda Higgs. D’après le roman d’Elliot Perlman. Scénariste : Jacquelin Perske. Avec Alex Dimitriades, Xavier Samuel, Leeanna Walsman, Hugo Weaving. Réalisateur : Glendyn Ivin. Producteur : Matchbox Pictures. Vendeur international : NBC Universal. Diffuseur : ABC TV (Australie). En compétition officielle à Séries Mania 2017.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *