One Kiss magnifie l’adolescence dans toutes ses nuances

Dans One Kiss, Ivan Cotroneo aborde avec une plume et un humanisme fascinants les hauts et les bas de l’adolescence. Une œuvre résolument pop dont le message d’amour devrait traverser les frontières.

Lorenzo, Blu et Antonio ont dix-sept ans. L’âge où tout est possible, où les petits riens se transforment sans crier gare en bonheur immense ou en insondable tristesse. Leur quotidien est justement vallonné de ces micro-événements. Aucun d’eux n’est tombé dans le moule de l’adolescent typique et en paye fréquemment le prix. L’un est immédiatement jugé par ses pairs pour son homosexualité ; une autre pour avoir couché avec les quatre plus beaux mecs du lycée ; le troisième pour son silence, qu’il ne brise qu’avec beaucoup de gêne. Aux yeux des autres, ils sont des marginaux. L’idiot, la pute et le PD. Des proies faciles. Mais ensemble, ils s’évadent, s’émancipent, oublient ce monde bien trop terre-à-terre. Les 400 coups de trois adolescents incompris au sein d’une petite ville du Nord de l’Italie : voilà donc le programme de One Kiss, troisième long métrage d’Ivan Cotroneo.

Dès le moment où leur groupe se consolide, Lorenzo, Blu et Antonio partagent tout et ne se quittent plus. À leur image, le film se révèle d’une incroyable générosité. Pour Cotroneo, un seul mot d’ordre : la liberté. Avec One Kiss, le réalisateur offre un écrin de choix à l’adolescence dans toute sa splendeur. Sa vivacité, son spleen, ses coups de cœur, ses larmes. Les jeunes héros, aux antipodes les uns des autres, se rassemblent pourtant sous un même étendard : leur différence, celle qu’on leur impose, celle qu’ils revendiquent. Elle deviendra leur barque de survie. Qu’importe la houle du monde extérieur, les trois amis navigueront droit. Les récifs n’ont qu’à bien se tenir !

One Kiss

Depuis sa sortie italienne, One Kiss s’est fait remarquer dans de nombreux festivals du monde entier (Annecy, Chéries-Chéris, Seattle, Tel Aviv, Montréal). Aucune surprise à cette renommée, tant le discours du film touche à l’universel. À travers cette volonté de réhabiliter des âmes malmenées, One Kiss se rapproche d’ailleurs de certains de ses homologues américains. Face à ce lycée moderne, ces salauds de sportifs et ce trio de pimbêches que l’humanité entière devrait aduler, Glee ne semble jamais loin. Au regard du travail d’Ivan Cotroneo, avant tout scénariste de séries pour la Raï, ce n’est sûrement pas un hasard. En témoigne une bande-originale pop d’une efficacité redoutable. Sur fond de Placebo, Blondie, Mika ou encore Lady Gaga, des scènes d’une rare euphorie transforment ce qui aurait pu n’être qu’un petit film italien en déclaration d’amour universelle. Une portée d’autant plus impressionnante que le film n’oublie pas une seule seconde la part sombre d’un âge difficile. Car si l’on pense souvent au teen-show de Ryan Murphy, l’ADN de One Kiss, dans ses moments graves et sa forme parfois épistolaire, porte aussi les marques du Monde de Charlie, référence sous-estimée d’un genre pourtant propice à l’émotion brute. Grâce à ses influences, son amour pour la pop mais aussi et surtout son propre talent de conteur, Cotroneo sublime les fulgurances de l’adolescence. Et dresse le portrait savamment dessiné de trois âmes perdues qu’on n’est pas prêt d’oublier. Allez, coup de cœur !

One Kiss, d’Ivan Cotroneo. Adapté du roman « Un Bacio » du cinéaste. Avec Rimau Grillo Ritzberger, Valentina Romani, Leonardo Pazzagli. Déclaration d’amour à l’adolescence et à la différence (« cauz you were born this way baby »). Nationalité : italienne. Durée : 1h44. Distributeur : Optimale. Sortie le 26 Avril 2017.

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