Goldeneye fait partie de ces jeux cultes ayant marqué un genre, celui du FPS sur console à l’époque de sa sortie sur la N64 de Nintendo. Activision a repris la license et au lieu de nous proposer un bête remake l’année dernière sur Wii, a surpris en proposant un tout nouveau jeu suivant presque à la lettre le film. La conversion en HD sur PS3 et X-Box 360 était attendue pour plusieurs raisons...
Il y avait une raison de rager contre la version Wii de Goldeneye : sa maniabilité. Repensé comme un Call of Duty like en terme d’approche de gameplay, Goldeneye souffrait de la wiimote et du nunchuk, périphériques qui ne collaient absolument pas aux exigences du jeu. C’est beaucoup plus pour pouvoir s’y essayer à la Dual Shock de la PS3 que pour les graphismes rehaussés que nous attendions une version HD. Effectivement, au passage, le moteur 3D gagne énormément en finesse, arborant des personnages et décors beaucoup plus fins et agréables que sur Wii, mais ne cachant pas son retard technique de 7-8 ans sur les productions actuelles. Mais le véritable apport reste la précision d’une vraie manette, parfaite pour ce type de jeu.
Le plus surprenant avec ce Goldeneye des années 2010-2011 réside dans ses multiples emprunts à une série de grands FPS du moment : Call of Duty. On retrouve tout d’abord exactement la même (et excellente) maniabilité, à 2-3 détails près (pas de sauts, plus rigide), et aussi un grand sens de la mise en scène dans le mode solo, scénarisé pour nous tenir constamment en haleine, alternant les séquences d’infiltrations jouissives avec d’autres beaucoup plus explosives, où nous sommes guidés et ne nous lâchant pas d’une semelle jusqu’au bout. Collant de très près au scénario du film (beaucoup plus que la version N64), Goldeneye repose de ce fait sur une base scénaristique plus solide, plus cohérente, aux enjeux dramatiques mieux sentis et à l’équilibre général plus agréable, que le scénario d’un Modern Warfare. D’autant plus bien sûr que Daniel Craig et Judi Dench prêtent leurs voix ici, ce qui, en VO du moins, apporte une classe supplémentaire au jeu. Activision a même rajouté l’équivalent des Opérations Spéciales, où il faut remplir des missions et gagner un certain nombre d’étoiles à chacune, et la partie multi-joueur a été particulièrement soignée, que ce soit dans la qualité des maps ou dans les options très nombreuses (bien plus que sur Wii).
La comparaison avec Call of Duty s’arrête presque là : Goldeneye a beau dégager un énorme capital de sympathie et s’imposer comme une excellente surprise, sa rigidité sur certains points, notamment l’I.A. des personnages (nuls à proximité, tireurs d’élite à distance : rien de plus énervant), et le manque parfois de subtilité et de profondeur dans le gameplay finit par le reléguer un cran en retrait derrière la série des Modern Warfare. Mais il s’en est fallu de peu, à tel point que l’on se prend à imaginer ce que donnerait un jour la license James Bond confiée à un Infinity Ward avec un budget digne de ce nom. Car Goldeneye possède quelques atouts dans ses manches que Call of Duty ne pourra jamais approcher : un héros et un univers incroyablement accrocheurs, classes, cools et en même temps très âpres. Le second monde de Goldeneye Reloaded ne trompe d’ailleurs pas, démarrant dans l’ambiance très détendue d’une superbe boîte de nuit lounge, surpeuplée, glamour au possible, et qui finira bien sûr comme terrain d’affrontement pour Bond, smocking sur le dos et Walter PPK au bout des mains.
On apprécie également dans Goldeneye Reloaded les quelques subtilités rajoutées, comme la présence d’un smartphone dans la poche de Bond, capable de prendre des photos (pour avoir les preuves des activités terroristes des ennemis par exemple) et d’identifier des visages, ou encore l’arsenal d’armes grisant, du fusil à pompe redoutable aux multiples versions de chaque fusil, avec ou sans lunette, avec ou sans lance grenade, silencieux, etc. La possibilité de faire une très grande partie du jeu en mode infiltration lui confère également une dimension jouissive inouïe, surtout dans les modes de difficulté les plus durs, et les multiples objectifs secondaires (bien pensés) permettent un “replay value” pour un mode solo nécessitant déjà une dizaine d’heures pour être bouclé. Rajoutons les Opérations Spéciales mentionnées plus haut ainsi que le très bon mode multi-joueur, et on tient là un titre qu’il ne faudrait surtout pas sous-estimer et que tout amateur de FPS se doit d’essayer, en faisant fi de ses limitations techniques effectivement regrettables. Une excellente surprise on vous dit !
On aime :
On aime moins :
GOLDENEYE 007 RELOADED - Editeur : Activision - Testé sur PS3 - Disponible également sur X-box 360 - Sortie : 4 Novembre 2011. Disponible sur Wii et DS depuis le 5 Novembre 2010.
Floyd
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