









5,5/10Lorsqu’il apprend que des vampires ont enlevé sa nièce, le Prêtre, un ancien guerrier, demande à ses supérieurs l’autorisation de partir à sa recherche. Ceux-ci refusent. Le Prêtre rompt alors ses vœux sacrés et défie leurs ordres.
Sorti à l’aube de 2010, la Légion de Scott Stewart (film d’action post-apocalyptique aux relents cathos), n’avait pas forcément reçu la bénédiction de la critique. Premier long-métrage ambitieux mais sujet à de nombreuses maladresses de débutant, cette armée des anges promettait plus qu’elle ne pouvait offrir. Priest, son nouveau coup d’essai se situe dans cette droite lignée, même s’il y a du mieux.
Très librement adaptée du manhwa (bande dessinée coréenne) de Min-Woo Hyung, l’histoire suit le fameux prêtre du titre, guerrier religieux mis à l’index par une société autocratique et ecclésiastique, qui avait autrefois sollicité ses pouvoirs surnaturels afin de mettre un terme à une guerre millénaire entre humains et vampires. Plusieurs années plus tard, sa nièce se fait enlever par une horde de suceurs de sang qui vont l’obliger à défier les commandements du clergé pour partir à la recherche de la jeune fille en détresse. Si Légion était l’angélique remake de Rio Bravo ou d’Alamo, alors Priest fait carrément office de relecture futuriste de La Prisonnière du désert.
Une filiation très connotée western (avec un soupçon de Mad Max pour le côté post-nuke) que Scott Stewart semble revendiquer à chaque image mais dont il ne se montre pas toujours digne. D’une durée inhabituellement condensée pour un blockbuster aspirant à lancer une vaste franchise (on ne dépasse pas les 90 minutes), Priest se contente d’empiler quelques sympathiques scènes d’actions à intervalles réguliers, sans se soucier de la psychologie des personnages, ni des enjeux dramatiques qui donnaient toute sa valeur au chef-d’œuvre de John Ford. L’alléchant casting (Christopher Plummer, Stephen Moyer, Brad Dourif, Maggie Q…) est souvent réduit à une figuration de guests, tandis que les plus transgressives des pistes narratives sont sacrifiées sur l’autel de la bienséance tout public.
Pur opus introductif, Priest donne à entrapercevoir un univers plutôt attractif qu’on espère voir se développer de manière conséquente par la suite (on garde la foi). Ne serait-ce parce que, d’une œuvre à l’autre, Scott Stewart a fait quelques progrès en terme de mise en scène, tout en passant de docile défenseur de la chrétienté à celui d’inoffensif critique des institutions manipulatrices de la croyance. D’ici là qu’il finisse en cinéaste hérétique…
P.S : Clap vous conseille vivement de faire l’impasse sur la 3D du film, argument de vente plus enquiquinant que véritablement pertinent.
Julien Munoz
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