Un court pour un long

300 000 kilomètres/seconde : un court-métrage, et plus si affinités

Paris, 1956. Lucien Lacroix, inventeur, a repris les recherches de son défunt père et a créé une montre permettant de voyager dans le temps. Décidant de partir à Genève afin de faire breveter son invention, il est suivi par deux mystérieux individus…

Apparemment Lucien n’a jamais rencontré son collègue le Visiteur du futur, qui n’a pas dû s’égarer dans les années 1950 au fil de ses pérégrinations. En 1956, il est bien trop tôt pour connaître les affres du paradoxe temporel, auquel seront initiés les descendants de Lucien en 1985 grâce à Retour vers le futur ! Du coup, le jeune inventeur ne sait pas que créer une machine à remonter dans le temps, c’est le début d’une grande aventure… Le court-métrage 300 000 kilomètres par seconde décrit donc les premières minutes de cette épopée, dont on aimerait bien connaître la suite. Mêlant film noir et science-fiction, le court-métrage de Stéphane Réthoré, co-écrit avec Sylvain Blanchot, laisse l’eau à la bouche. Et pour cause ! Ce film n’est que le début d’un projet de long.

 Découvrez l’intégralité du court-métrage 300 000 kilomètres par seconde :

Cette technique du « film démo » est de plus en plus utilisé aujourd’hui par les jeunes réalisateurs, afin de montrer aux financeurs potentiels de quoi ils sont capables et à quoi pourrait ressembler leur film futur. Le court-métrage, format hétéroclite, protéiforme, laboratoire d’idées et lieu de toutes les fantaisies, peut donc aussi servir d’apéritif pour nourrir l’imagination des lecteurs de dossiers de subvention. La nécessité de prouver sa capacité à fédérer une équipe autour d’un projet atypique et à donner vie à un univers générique est souvent à l’origine de ces courts-métrages aux fins ouvertes, premiers chapitres d’un rêve de film. En France, le film de genre a toujours « mauvais genre » : bien des réalisateurs s’essaient à la science-fiction ou au film fantastique par le biais du court-métrage et des financements alternatifs (Ulule, Touscoprod, Indiegogo et consorts), à défaut de pouvoir financer autrement ce type de projets. Pourtant, le vivier court-métragiste français regorge de talents et d’afficionados du film de genre, qui multiplient les productions hors du circuit des aides traditionnelles. La passion et l’ingéniosité de ces jeunes cinéastes, comme des techniciens qui donnent vie à leurs univers stylisés, n’est pas entamée par ses chemins de traverse. Le projet de Stéphane Réthoré est ambitieux, mais sa folie des grandeurs n’a pas effrayé une équipe qui a affronté le froid et la nuit pour donner vie à l’atmosphère mystérieuse et feutrée de 300 000 kilomètres par seconde. Et, pour incarner un héros atemporel, Stéphane Réthoré a choisi un visage connu et un acteur de talent en la personne de Thomas Cousseau : l’inoubliable Lancelot de Kaamelott est aussi un grand comédien de théâtre.

Petit film deviendra grand ? Affaire à suivre…

Carole Milleliri

Carole Milleliri

À dix ans, Carole est sûre d’une seule chose : l’unique endroit où elle se sent bien, c’est dans une salle de cinéma. Peu après, elle tombe aussi dans le bain des séries avec The X-Files, puis plonge littéralement avec Buffy The Vampire Slayer. Aujourd’hui, elle partage son temps entre enseignement, critique, programmation et écriture de scénarios.

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