Beau Séjour : rencontre avec les créatrices de la série d’ARTE

Beau Séjour voit la jeune Kato Hoeven se réveiller dans un hôtel maculée de sang et y découvrir son propre corps sans vie. Alors qu’elle erre dans sa petite ville, Kato se rend compte que plus personne ne peut la voir, si ce n’est quelques autres personnes. Sa mère n’en fait pas partie. Alors que son corps est repêché quelques jours plus tard, elle va devoir résoudre le mystère de son meurtre et de sa condition. À mi-chemin entre Broadchurch et Dead Like Me, le cachet esthétique de la série belge lui a fait décrocher le Prix du Public au Festival Séries Mania en 2016. Près d’un an après, alors que Beau Séjour débarque ce mois-ci sur Arte, Kaat Beels et Nathalie Basteyns, ses créatrices, nous ont parlé des déboires de tournage et des thématiques de la série.

Avant la projection à Séries Mania, vous avez expliqué que vous étiez tombées amoureuses de l’hôtel où se déroule l’action. Est-ce que cela a été un élément-clé pour la création de la série et la nécessité de raconter cette intrigue policière et surnaturelle ?

Kaat Beels : C’est Nathalie qui a découvert l’hôtel où est tourné la série. On s’est tout de suite dit que c’était l’environnement idéal pour y implanter une histoire de meurtre. La société de production avait organisé une session de brainstorming avec d’autres scénaristes, qui ont eu l’idée des éléments surnaturels. On s’est immédiatement dit que les deux pourraient aller bien ensemble, et ils nous ont donné un bon contenu pour raconter cette histoire. L’hôtel devient beaucoup plus important au fil des épisodes. C’est la scène du crime.

Le fantôme de Kato est au cœur de la série. Comment avez-vous imaginé la manière de la représenter pour ne pas rendre ses apparitions kitsch, comme dans des séries comme The Ghost Whisperer ?

Nathalie Basteyns : Dès le début, on savait que Kato était une jeune fille en chair et en os. Elle est comme les autres, mais seules cinq personnes peuvent la voir. Elle est morte, mais elle ne peut pas traverser les murs. C’est une représentation plus réaliste.

Kaat Beels : On ne voulait pas de magie ou de « hocus pocus ». Les seules choses vraiment difficiles concernaient la mise en scène. Si Kato déplace un verre, la personne à qui elle parle peut le voir. Mais du point de vue des autres, le verre est toujours à sa place. Ce genre de règles était vraiment compliqué à mettre en place. Quand Kato serre sa mère dans ses bras, c’était compliqué de faire voir que sa mère ne le sent pas. Ce sont des scènes qu’on a du répéter. Quand on est comédien, et qu’on touche quelqu’un, il y a une réaction ; or il ne fallait pas qu’ils réagissent.

Nathalie Basteyns : Par ailleurs, on a décidé que Kato garderait les mêmes vêtements. Il fallait faire ressentir qu’elle est comme tout le monde, mais avec des petits détails qui changent. Dans la série, la plupart des plans sont fixes. Mais dès que Kato arrive, on passe en caméra à l’épaule.

Kaat Beels : Et en tant que personnage central, elle devait être très présente. En l’habillant d’un coupe-vent jaune, elle devenait facilement reconnaissable dès le moment où elle apparaît à l’écran.

Interview des créatrices de Beau SéjourKaat Beels et Nathalie Basteyns

Votre précédente série (inédite en France), Clan, avait un humour beaucoup plus noir. Quelles sont les différences avec Beau Séjour ?

Nathalie Basteyns : Il y a beaucoup plus d’émotion dans Beau Séjour. Clan avait des situations et un humour plus absurde. Même si ici, l’humour reste présent. Les flics locaux sont un peu la caution comique de la série, et certaines scènes, comme celle de l’enterrement de Kato, ont été rendues plus légères grâce au travail des comédiens et de la réalisation.

Kaat Beels : Mon père est mort récemment, et je me souviens que, lorsqu’on choisissait des chansons pour son enterrement, il y avait beaucoup de rires. J’y ai pas mal pensé. Les téléspectateurs flamands vont rire des chansons qui ont été choisies, car les groupes sont bien connus.

Il y a au cœur de Beau Séjour un deuil impossible à faire pour beaucoup de personnages. Est-ce que cela nourrit la narration de la série ?

Kaat Beels : Kato doit d’abord comprendre ce qui lui est arrivé. Ce n’est qu’ensuite qu’elle pourra faire son deuil.

Nathalie Basteyns : C’est plus de la solitude, car elle se sent isolée de sa propre maison, de sa mère. Et on ne voulait pas que le personnage soit triste en permanence, elle devait être active pour l’enquête sur sa propre mort. Elle a de la détermination en elle. C’est un équilibre entre les deux.

Beau Séjour est en diffusion tous les jeudis à 20h50 sur Arte depuis le 02 mars 2017. Les 2 premiers épisodes sont en rattrapage sur Arte +7.

Crédit images © ARTE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *